
Qui d’autre que Michel, lui-même pour décrire Sardou : Des mots qui retiennent les heures / Et sans trouver le repos / Souffrir à force de s’attendre. Cette perle esthétique est un petit extrait du bien nommé « Et mourir de plaisir ». En tant que spécialiste intègre, je me dois de citer Vline Buggy (alias Liliane et Evelyne Kuger) co-auteur de ce bijoux, qui œuvra aussi pour Luis Mariano, Tino Rossi, Herbert Léonard, Claude François et Linda de Souza.
Michel a le regard noir, obscur. On considère que les regards noirs et obscurs signifient une forte capacité à appréhender et comprendre le monde. On considère également que le regard noir signifie qu’on soupçonne fortement sa régulière de coucher avec le pharmacien ou qu’on souffre d’un simple dérèglement de l’outil digestif. En revanche, le regard noir n’indique jamais un simple hémorroïde ou une infection avancée de la paroi sphinctérienne gauche.
Michel Sardou s’est acheté un avion avec écrit « MS » dessus.
Ne vous laissez jamais tromper par la modestie maladive de Michel. Il est convaincu que chaque personne est dotée des mêmes atouts que ceux qui ont fait son formidable succès de 1965 aux années 80. J’en veux pour exemple ce texte délicat (encore une fois co-écrit avec Vline Buggy ) : Y’en a qui pensent et c’est certain / Que les Français se défendent bien / Toutes les femmes sont là pour le dire / On les fait mourir de plaisir / A les entendre on croirait bien / Qu’y’a qu’les Français qui font ça bien. Pour les sots qui n’auraient pas reconnu la chanson : Il s’agit de « J’habite en France ». Il faut dire que toutes les femmes françaises ayant déjà couché – a minima – avec une trentaine de mâles de nationalités différentes, elles savent de quoi elles parlent.
Un artiste gauchiste, consensuel et dépourvu d’originalité (je pense notamment à Radiohead) joue face au public de Bercy. Michel, lui, joue, au coeur de Bercy. Tel le roi fennec qui fait sa ronde autour d’un arbuste saharien, il circule, littéralement, la main dans la poche, l’autre ornée d’un micro sans fil, autour du groupe et des choristes. Jamais il ne sue ; contrairement aux groupies. Il brame avec bravoure ses sentences sans équivoques. Il frictionne les coeurs, ouvre les esprits, il est le chaman.
Il est notre Jim Morrison.
